Série Automatismesun automatisme, ses risques

Détecteur de présence : la lumière qui s'éteint sur vous

Couloir bleu nuit à moulures et parquet en chevrons, une porte au fond : une pièce de passage, là où un détecteur de mouvement fait exactement ce qu'on attend de lui

La lumière qui s’allume quand on entre et s’éteint quand on sort, c’est souvent le premier automatisme qu’on installe. Le plus simple, aussi. C’est pourtant celui qu’on débranche le plus vite, le soir où il vous laisse dans le noir au milieu d’un chapitre, ou assis aux toilettes à agiter le bras pour qu’il vous voie.

Le problème n’est presque jamais le détecteur. C’est ce qu’on lui demande.

Ce que fait vraiment le détecteur

Derrière la lumière automatique, il y a trois étapes. Un capteur repère un mouvement, c’est le déclencheur. Le système vérifie qu’il fait assez sombre pour que la lumière serve à quelque chose, c’est la condition. Puis il allume, et il éteint quand il n’a plus rien vu pendant une durée donnée.

Trois réglages font donc tout : la sensibilité, le seuil de luminosité et la durée avant extinction. Presque toutes les déceptions viennent de l’un des trois, réglé le jour de la pose et jamais revu.

Mouvement n’est pas présence

Le détecteur vendu en magasin est presque toujours un capteur infrarouge « passif », qui voit une source de chaleur se déplacer. Immobile, vous n’existez plus pour lui. Vous lisez, vous travaillez sur l’ordinateur, vous êtes aux toilettes : au bout de quelques minutes, noir.

Le réflexe est de pousser les réglages. On allonge la durée, et la lumière brûle vingt minutes dans un cellier vide. On monte la sensibilité, et c’est le chat, le rideau qui bouge près de la fenêtre ou l’air chaud du radiateur qui rallument le couloir à 2 h du matin.

Il y a un cas que personne ne voit venir : la douche. Le verre arrête le rayonnement que mesure ce type de capteur. Derrière une paroi vitrée, vous êtes invisible, et la lumière de la salle de bain s’éteint en plein shampoing.

Salle de bain claire, douche fermée par une paroi vitrée : derrière ce verre, un détecteur infrarouge ne voit plus personne

Les détecteurs de présence, plus fins, perçoivent les petits gestes d’une personne assise. Certains, à ondes radio plutôt qu’à infrarouge, voient même quelqu’un de parfaitement immobile. Ceux-là ont le défaut inverse : ils traversent les cloisons légères, et la lumière du bureau s’allume parce que quelqu’un passe dans la pièce d’à côté. En appartement, la pièce d’à côté peut être chez le voisin.

La porte en dit plus que le capteur

Pour les toilettes, il existe une règle plus fiable qu’un capteur plus cher, à condition de la prendre dans le bon ordre. La porte se referme. Si un mouvement suit dans les secondes qui viennent, quelqu’un est dedans : tant que la porte ne s’est pas rouverte, la lumière ne s’éteint pas, même si plus rien ne bouge. Si rien ne bouge après la fermeture, c’est que la personne vient de sortir en tirant la porte derrière elle, et la lumière s’éteint.

Logique d’éclairage des toilettesQuand la porte se referme, si un mouvement suit dans les 30 secondes, la pièce est considérée comme occupée : la lumière reste allumée, même sans un geste, jusqu’à ce que la porte se rouvre. Sinon, quelqu’un vient de sortir en refermant la porte, et la lumière s’éteint aussitôt.QUANDLa porte se refermeSIUn mouvement suit dans les 30 souinonALORSPièce occupéeLa lumière resteallumée, mêmesans un geste,jusqu’à ce quela porte se rouvre.SINONPièce videQuelqu’un est sortien refermant laporte : la lumières’éteint aussitôt.

L’ordre compte. Dans l’autre sens, un mouvement puis la porte qui se ferme, la règle a l’air juste et se trompe à chaque sortie : celui qui quitte les toilettes en refermant derrière lui laisse la lumière allumée jusqu’au lendemain. C’est le genre d’erreur qu’on découvre la première semaine.

Même dans le bon ordre, elle a ses angles morts. Une porte qu’on laisse ouverte, et la règle ne sert plus à rien : on retombe sur le minuteur classique. Un chat enfermé par mégarde tient la lumière allumée toute la nuit, d’où une dernière limite : sans le moindre mouvement pendant une heure, elle s’éteint quand même.

Il faut pour cela un détecteur d’ouverture sur la porte, quelques euros, et un système qui croise les deux informations, ce qu’un détecteur seul au plafond ne sait pas faire. C’est toute la différence entre des interrupteurs connectés et un logement automatisé : l’intelligence n’est pas dans le capteur, elle est dans ce qu’on fait de ce qu’il voit.

Garder la main, toujours

Un détecteur qui remplace l’interrupteur vous retire quelque chose : le droit de décider. Le soir où un enfant s’est endormi sur le canapé, vous voulez que la lumière reste éteinte quand vous traversez le séjour. Le jour où vous repeignez le couloir, vous voulez qu’elle reste allumée. Il faut donc un vrai interrupteur, qui suspend l’automatisme puis le laisse reprendre seul, sans que personne ait à y penser.

Interrupteur mural dans une lumière rasante : le geste qui garde toujours le dernier mot sur l’automatisme

Cet interrupteur doit aussi marcher quand le reste ne marche plus. Un capteur sans fil dont la pile est morte, une box en panne, et la pièce ne doit pas se retrouver sans lumière du tout. La règle qu’on applique est simple : l’automatisme est un plus, jamais une condition pour allumer.

Soyons justes

Dans un couloir, un cellier, un garage ou une cave, un détecteur de mouvement du commerce posé par un électricien fait très bien le travail. On y passe, on n’y reste pas, il ne se trompe presque jamais. Pas besoin de système pour ça.

Et il ne faut pas en attendre de grosses économies. Une ampoule LED de 7 W oubliée cinq heures par jour coûte deux ou trois euros par an. Le vrai gain est ailleurs : ne plus chercher l’interrupteur les bras chargés, ne plus faire le tour de la maison le soir.

Là où ça se joue

La lumière automatique devient délicate dans les pièces où l’on reste : séjour, bureau, salle de bain, toilettes. C’est là qu’il faut choisir le capteur pièce par pièce, croiser ce qu’il voit avec la porte ou l’heure, et laisser l’interrupteur avoir le dernier mot. C’est ce que nous concevons dans notre volet confort : un éclairage qui suit la vie du logement sans jamais vous plonger dans le noir. Pour la couleur et l’intensité de la lumière au fil de la journée, voir l’éclairage circadien.

Questions fréquentes

Pourquoi ma lampe à détecteur de mouvement reste allumée ?

Le plus souvent, quelque chose bouge dans son champ et relance le compte à rebours : un rideau près d'une fenêtre entrouverte, l'air chaud d'un radiateur, un animal. Une durée d'allumage réglée trop longue donne le même effet. Vérifiez aussi que le détecteur n'est pas resté en marche forcée, beaucoup de modèles ont un sélecteur en façade.

Comment désactiver un détecteur de mouvement pour la lumière ?

Sur un modèle du commerce, un sélecteur sur le boîtier permet en général de forcer l'allumage ou l'extinction, sinon il reste le disjoncteur. Dans une installation pilotée, on prévoit plutôt une pause : un appui sur l'interrupteur suspend l'automatisme le temps d'une sieste ou d'un film, puis il reprend tout seul.

Peut-on mettre un détecteur de présence dans une chambre ?

Oui, mais pas pour allumer. Une lumière qui s'allume quand quelqu'un se retourne dans son lit réveille toute la chambre. Dans une chambre, le détecteur sert surtout à éteindre quand la pièce est vide, et la nuit, s'il allume quelque chose, c'est une lumière faible et chaude.

Comment savoir si un détecteur de mouvement est mort ?

Réglez la durée au minimum et le seuil de luminosité au maximum, pour qu'il réagisse même en plein jour, puis passez devant. Si rien ne s'allume, testez l'ampoule ailleurs et vérifiez le disjoncteur. Si tout le reste fonctionne, le détecteur est à remplacer.

Faut-il un neutre pour un interrupteur à détecteur de présence ?

Pas toujours. Les modèles « 2 fils » se posent à la place d'un interrupteur classique, mais avec des ampoules LED de faible puissance, ils peuvent les faire luire ou clignoter une fois éteintes. Les modèles « 3 fils » demandent un neutre dans la boîte et n'ont pas ce défaut. C'est à vérifier avec l'électricien avant d'acheter.

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