
Une prise connectée coûte le prix d’un déjeuner et se pose en dix secondes. C’est souvent le tout premier objet connecté qu’on achète, pour couper la veille de la télé ou allumer une lampe à heure fixe. Elle fait exactement ce qu’on lui demande. Le problème, c’est qu’elle ne sait pas ce qu’on a branché dessus.
Un interrupteur, ni plus ni moins
Derrière l’application, une prise connectée n’est qu’un interrupteur glissé entre le mur et l’appareil. Quelque chose la déclenche : une heure, un appui sur le téléphone, le départ du dernier occupant. Une condition peut s’y ajouter, par exemple ne couper que si l’appareil est au repos. Puis elle coupe ou rétablit le courant.
Les meilleures mesurent aussi ce qui passe à travers elles. C’est ce détail qui les rend intelligentes : une télé en veille ne consomme pas comme une télé allumée, et la prise peut le voir.
Ce qu’on ne lui confie pas
Le radiateur d’appoint d’abord. Un modèle de 2 000 W qui tourne tout l’après-midi, c’est la charge la plus dure qu’on puisse imposer à une prise, et plusieurs fabricants conseillent de ne pas dépasser cette puissance en continu. Sur un modèle d’entrée de gamme prévu pour 10 A, le boîtier chauffe. Un radiateur fixé au mur, lui, n’a pas de prise du tout : il se pilote par son fil pilote, pas en le privant de courant.
Le congélateur ensuite. Une coupure programmée par erreur, une règle d’économie trop zélée, et il décongèle en silence pendant que vous êtes au travail. Rien ne vous prévient : la prise a fait son travail.

Et le piège le plus drôle, sauf quand il vous arrive : la box internet. On la met sur une prise connectée pour la couper la nuit. Mais si la prise reçoit ses ordres par le wifi, et parfois depuis les serveurs de son fabricant, couper la box, c’est couper la seule voie par laquelle on pourrait la rallumer. Il faut alors descendre appuyer sur le bouton. À distance, depuis une résidence secondaire, c’est un aller-retour.
Le courant revient : et alors ?
C’est le réglage que presque personne ne regarde. Après une coupure de courant, une prise connectée peut se rallumer, rester éteinte, ou reprendre l’état où elle était. Le choix par défaut dépend du fabricant.
Pour une lampe, peu importe. Pour un congélateur, il faut qu’elle se rallume toujours. Pour un fer à repasser ou un radiateur d’appoint, surtout pas : une microcoupure un après-midi d’absence, et l’appareil se remet en marche sans personne à côté. Ce réglage se fait appareil par appareil, le jour de l’installation, et il ne se rattrape pas après coup.
Couper la veille sans couper ce qui travaille
C’est l’usage le plus courant, et il cache un piège discret. Couper la télé, la console et la barre de son à heure fixe, c’est aussi couper une mise à jour en cours ou un enregistrement programmé. La bonne règle s’appuie sur la mesure : on ne coupe que si l’ensemble ne consomme plus que sa veille depuis quelques minutes.
Il faut garder les ordres de grandeur en tête. Dix watts de veille permanente, c’est une vingtaine d’euros par an. Ce n’est pas rien sur un meuble télé bien garni, mais ce n’est pas non plus ce qui transformera la facture.
Soyons justes
Pour allumer une guirlande ou une lampe à heure fixe, une minuterie mécanique à quelques euros fait très bien le travail, sans application ni compte à créer. La prise connectée prend son sens quand elle mesure, et quand elle réagit à autre chose qu’à l’horloge : l’absence de tout le monde, la fin d’un cycle, le prix de l’électricité.
Le choix du modèle compte aussi. Une prise qui ne fonctionne qu’à travers les serveurs de son fabricant devient un objet inerte le jour où internet tombe, ou le jour où le service ferme. Une prise qui parle un protocole local continue de répondre chez vous, quoi qu’il arrive dehors.
La bonne question
Avant de brancher quoi que ce soit, il suffit de se demander ce qui se passerait si la prise coupait au mauvais moment, et si elle se rallumait au mauvais moment. Si l’une des deux réponses vous gêne, l’appareil n’a rien à faire sur une prise connectée, ou il lui faut une règle mieux pensée. C’est ce travail-là que nous faisons dans notre volet confort : décider, appareil par appareil, ce qui peut être coupé, quand, et ce qui ne doit jamais l’être.
Questions fréquentes
Quelle puissance maximale pour une prise connectée ?
Une prise 16 A supporte en théorie 3 680 W, mais c'est un plafond, pas une charge à tenir des heures. Plusieurs fabricants conseillent de rester vers 2 000 W en usage continu, et certains modèles d'entrée de gamme ne sont prévus que pour 10 A. La puissance admissible est sur la fiche technique, c'est elle qui compte, pas la forme de la prise.
Une prise connectée consomme-t-elle de l'électricité ?
Oui, un peu : elle reste à l'écoute en permanence, de l'ordre d'un demi-watt à un watt selon les modèles. Sur une année, cela fait quelques kilowattheures, donc quelques euros au plus. Elle ne se rentabilise que si l'appareil qu'elle coupe consomme nettement plus qu'elle.
Peut-on utiliser une prise connectée sans wifi ?
Oui. Les prises qui parlent Zigbee, Z-Wave ou Thread ne passent pas par le wifi, elles dialoguent avec une petite passerelle installée chez vous. Elles continuent de fonctionner quand internet tombe, ce que beaucoup de prises wifi bon marché, pilotées depuis les serveurs de leur fabricant, ne font pas.
Peut-on mettre une prise connectée à l'extérieur ?
Seulement un modèle prévu pour, étanche aux projections (IP44 au minimum), et de préférence à l'abri. La prise murale qui l'alimente doit elle-même être une prise extérieure, sur un circuit protégé par un différentiel 30 mA, comme toute prise d'une installation aux normes.
Peut-on brancher un chauffe-eau sur une prise connectée ?
Non. Un chauffe-eau n'est pas branché sur une prise mais raccordé directement au tableau, sur un circuit dédié, et sa puissance dépasse ce qu'une prise grand public tient en continu. Le piloter reste possible, mais au tableau, par l'électricien, avec le matériel prévu pour.
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